Histoire du bâtiment

En 1863, Ioannis Fix faisait construire la première Brasserie grecque dans la région de Kolonaki. Après sa mort, son fils, Karolos Fix, agrandit l’entreprise; en 1893, il fit édifier une nouvelle et vaste usine, selon les critères de l’époque, sur l’emplacement du bâtiment actuel, sur la rive gauche de l’Ilissos et au sud, à une courte distance des colonnes du temple de Zeus Olympien. La région n’était alors pas encore lotie. Les quartiers situés au sud de l’Acropole, dont fait également partie le secteur concerné, ne commencèrent à se développer qu’après 1900-1910. Le succès rencontré par l’entreprise de Karolos Fix dans les premières décennies du XXe siècle eut pour conséquence l’extension continuelle des installations de l’usine, jusqu’en 1920, et toujours dans le même secteur. Jusqu’au milieu des années 50, le tissu urbain d’Athènes s’est progressivement étendu pour couvrir finalement tous les environs de l’usine. Cependant, le quartier conservait une faible densité de population, avec des constructions à un ou deux étages seulement, peu avant l’application massive du système typiquement grec de l’« antiparokhi » qui allait, dans les années suivantes, en modifier complètement la physionomie (En vertu de ce système, le propriétaire d’un terrain le cède, contre un certain nombre d’appartements, à un bureau d’études qui y entreprend la construction d’un immeuble).

Au milieu des années 50, durant l’ère de reconstruction industrielle du pays, il est décidé de rénover et de restructurer radicalement l’usine. La famille Fix confie le projet à l’architecte Takis Ζénétos (1926-1977), pionnier du modernisme dans la Grèce de l’après-guerre. Dans son projet, ce dernier accentuait la dimension horizontale du bâtiment Fix, le long des avenues Syngrou et Kallirhoïs, au moyen d’enfilades de baies vitrées. De plus, il ne cherchait pas simplement à installer une unité industrielle, mais s’intéressait également, dans le cadre de sa philosophie personnelle, à ce qu’il adviendrait, par la suite, sous différentes conditions, du fonctionnement du bâtiment. La relation du nouveau bâtiment avec l’environnement urbain, à l’époque de sa construction, et la dimension sociologique de la création de Zénétos sont brillamment évoquées par le directeur du département des Musées Byzantins au Musée de la Culture, Issidoros Kakouris, dans le rapport qu’il présente le 2 mars 1995, lors de la réunion du Conseil central des Monuments modernes. À la fin des années 70, la Brasserie est transférée en dehors d’Athènes et son bâtiment tout entier, bien qu’en parfait état à cette époque, est évacué. Au fil du temps ont commencé à apparaître des signes de décrépitude et de dégradation esthétique, avec la pose de panneaux publicitaires sur les façades et des dégâts évidents sur la charpente intérieure et extérieure du bâtiment.

Dans les années suivantes, la question de la mise en valeur de ce remarquable spécimen d’architecture industrielle a suscité bien des controverses et donné naissance à diverses propositions alternatives, dont la plus sérieuse consistait à conserver le bâtiment afin d’en faire un Musée d’Art Contemporain. À partir de décembre 1994, le bâtiment de l’ancienne Brasserie Fix a fait l’objet d’une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique, au profit de la société Attiko Métro S.A., chargée de la construction du métro d’Athènes. Après avoir démoli une partie de l’édifice, pour les besoins de la réalisation de ces travaux, le nouveau propriétaire a continué et achevé la station voisine, qui a été mise en fonction début 2000. En février 2000, le Ministère de la Culture, en collaboration avec la société Attiko Métro et la Fondation Yannis Tsaroukhis, a organisé la grande exposition Yannis Tsaroukhis entre Orient et Occident, au rez-de-chaussée du bâtiment, spécialement aménagé à cet effet. En juin 2000, cet espace était cédé afin d’accueillir provisoirement le Musée National d’Art Contemporain (EMST) nouvellement créé. Deux ans plus tard, le 20 octobre 2002, était signé entre Attiko Métro et l’EMST un contrat de location du bâtiment, valable pour une durée de cinquante ans et prévoyant la restructuration de l’ancienne usine Fix, destinée à devenir le siège permanent du Musée. Parallèlement, Attiko Métro a commencé au printemps 2002, sur le terrain du bâtiment, les travaux de construction de la Station de transit, qui devaient être terminés dans le courant de l’année 2004. Les installations de cette dernière comprennent un parking automobile souterrain de 6 étages doté de 650 places, le Terminal de quatre lignes d’autobus, un jardin, des boutiques et des activités commerciales sur une partie de l’aire souterraine de stationnement, ainsi que des connexions souterraines directes avec les quais de la station de métro. En septembre 2003, l’EMST a abandonné l’espace provisoire d’expositions aménagé dans le bâtiment Fix et a déménagé ses services dans le bâtiment mitoyen du 14, rue Frantzi, afin de laisser place aux travaux de restructuration et de reconstruction de l’ancienne usine.



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